Profession psychomotricien : des modes d’exercice riches et variés


L’exercice salarial offre des opportunités riches auprès de populations variées


La grande majorité des psychomotriciens exerce dans le cadre d’une activité salariale (environ 85%), mais le libéral se développe et nombreux sont ceux à associer les deux modes d’exercice. A temps plein ou partiel, les possibilités de carrière sont infinies.

Les psychomotriciens peuvent exercer dans un cadre institutionnel très large en équipe médicale et paramédicale : crèche, centre de Protection Maternelle et Infantile (PMI), école maternelle, Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), Institut Médico-Pédagogique (IMP), Institut Médico-Professionnel (IMPRO), Centre Hospitalier, Centres ou services spécialisés (CAMSP, SESSAD, etc.), Maisons de retraite.

Claire travaille à temps plein dans un Institut Médico-Éducatif (IME) auprès d’adolescents atteints de Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA) ou de Troubles Envahissants du Développement (TED), un environnement qu’elle a découvert à l’occasion d’un stage. Elle travaille au quotidien avec l’ensemble des intervenants, dont des éducateurs, un infirmier, une psychologue, une Aide Médico-Psychologique (AMP) et une institutrice spécialisée. Elle reçoit ses patients en séance et les accompagne dans leur quotidien. Accompagner un lever, une toilette ou un encore un repas lui permet d’avoir une vision globale du patient et de proposer aux éducateurs un aménagement adapté à sa sensorialité et ses compétences cognitives et motrices. « Découvrir le jeune dans son quotidien me permet de développer la relation. Ce que j’apporte est ainsi plus riche ». Le médecin, son supérieur hiérarchique, la laisse libre de proposer ses objectifs et priorités qui seront ensuite discutés avec l’équipe. À terme, Claire aimerait prendre deux mi-temps pour pouvoir découvrir d’autres publics : les enfants et les personnes âgées. Elle imagine déjà créer des rencontres intergénérationnelles entre les deux services. « J’ai envie de créer des choses innovantes », confie-t-elle.

Inès s’occupe à mi-temps d’anciens sans-abris dans le cadre de l’Unité de Soin Longue Durée (USLD) d’un hôpital public. Seule psychomotricienne, elle intervient en séances individuelles et en groupes auprès des 55 patients du service dans le cadre de prises en charge personnalisées. Elle accompagne également au moment des repas s’il y a besoin de stimuler des praxies ou de gérer des troubles du comportement. Son activité au sein d’une structure lui permet d’avoir un salaire fixe et donc une stabilité qu’elle apprécie, mais Inès a surtout à cœur d’être présente en institution. Ses perspectives d’avenir ? Devenir cadre de santé ou disposer du Titre d’Expert en Psychomotricité délivré par l’ISRP, car la gestion d’un service et le management d’équipe lui ressemblent. « C’est aussi un poste très intéressant sur le plan professionnel et financier », conclut-elle.

Anthony travaille dans un Institut Médico-Éducatif (IME) qui accueille des adolescents et des jeunes adultes avec un handicap intellectuel. Après un an, la direction lui alors proposé de prendre en charge de nouvelles responsabilités, un challenge qu’il était prêt à relever. Le conseil d’administration de sa structure a soutenu le financement du MIP (Máster Internacional en Psicomotricidad) et du Titre d’Expert en Psychomotricité (RNCP niveau 1 de la nomenclature française). Ce double diplôme en poche, Anthony a été promu Cadre Technique (niveau 7 de la nouvelle nomenclature européenne). La clinique reste son cœur de métier, mais, la semaine, Anthony a des temps d’échange avec sa direction pour discuter de l’aménagement de l’espace ou faire des propositions afin que les intervenants fassent corps ensemble et il participe régulièrement à des formations et à des conférences pour faire le lien entre l’interne et l’externe. « Je fais de la conduite de projet, du consulting, de la mise en commun… Je n’ai pas de supériorité hiérarchique donc les gens viennent me voir beaucoup plus facilement ». Cette organisation l’aide à être autonome dans sa quête du savoir et du savoir-faire et son salaire a augmenté d’à peu près 1 000 euros par mois. L’avenir ? « Mon rêve serait d’avoir une place de clinicien-chercheur avec des temps d’enseignement, et que tout tourne autour de ma pratique. Pour cela il me faudrait deux mi-temps : un dans la recherche et un dans la clinique, avec deux employeurs qui me permettraient de créer des ponts ».


L’exercice en libéral séduit les psychomotriciens en quête de liberté

En libéral, les options sont multiples. Un psychomotricien peut s’installer « en solo » ou choisir de collaborer avec d’autres psychomotriciens ou des professionnels complémentaires à son activité (psychologues ou orthophonistes par exemple) afin de recréer au sein du cabinet une forme de pluridisciplinarité.

En libéral, comme en institution, le psychomotricien initie son travail avec son patient par un bilan psychomoteur afin de proposer une prise en charge personnalisée et veillent à échanger avec les autres professionnels (Médecins, psychologues, orthophonistes, kinésithérapeutes, les écoles, etc.) pour assurer une prise en charge coordonnée du patient. 

Séverine, Grégory, Amélie et Idriss exercent en libéral. Ils ont fait le choix de s’installer aux côtés d’autres professionnels. Pour eux, cette dynamique est essentielle pour apporter des réponses adaptées à leurs patients et prendre de la distance par rapport à leur pratique.

Séverine a commencé par travailler pendant 15 ans à temps plein dans un service hospitalier. « J’aimais beaucoup ce que je faisais, mais j’avais besoin de dégager du temps pour m’occuper de mon enfant qui souffre de handicap. Je n’ai eu aucune écoute ni flexibilité de la part de mon employeur alors j’ai cherché un exercice qui me laissait plus de souplesse dans mon organisation. Exercer en libéral permet d’être maître de son temps ». Cette flexibilité lui permet aujourd’hui de mener de front, clinique, recherche et enseignement. « J’exerce trois mi-temps ! » plaisante-t-elle.

Gregory s’est installé à son compte il y a 10 ans, après avoir passé un an en institution dans un Institut Médico-Educatif (IME) auprès d’enfants avec polyhandicap. Véritable touche à tout, il exerce, enseigne, s’investit dans le domaine associatif et fait des spectacles artistiques. Le libéral lui permet plus facilement de suivre ses envies comme elles viennent. Cette richesse fait partie de son équilibre. « Le libéral me correspond, car on n’a pas de freins » dit-il en souriant.

Amélie s’est installée, dès l’obtention du D.E., en libéral, un mode d’exercice qu’elle a découvert à l’occasion d’un stage long. « J’aime le contact avec les familles de mes patients : parents, frères et sœurs. L’institution me manque, mais, pour l’instant, je n’ai pas encore identifié de structure qui me permette de conserver ce lien », confie -t-elle.

Idriss a commencé par exercer la semaine dans un Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique (ITEP) et le samedi, pendant son temps libre, en libéral. En institution, il intervenait auprès d’enfants et d’adolescents entre 6 et 14 ans avec des troubles du comportement sans déficiences intellectuelles et en EHPAD. Après un an, il a décidé de se consacrer entièrement à l’exercice en libéral ce qui lui a permis de poursuivre ses études et s’investir dans la recherche en parallèle de sa clinique. « En temps plein en salarié, j’aurais eu beaucoup de mal à réduire mon temps de travail pour consacrer un jour par semaine à mes études ».


Pour se lancer en libéral, tous s’accordent à dire qu’il faut une certaine maturité, de la rigueur et le sens des responsabilités. « Le libéral, c’est une liberté avec des contraintes », plaisante Amélie. Pour avoir un planning de consultations rempli, les psychomotriciens en libéral exercent les jours où les patients sont disponibles. Ainsi, Séverine et Amélie consultent les mercredis et les samedis. Il y a également tous les aspects administratifs à gérer. « Il y a régulièrement des nouveaux impôts, des nouvelles façons de déclarer ou encore des nouvelles règles déontologiques comme la réglementation de la protection des données de santé. Il faut se tenir informé et savoir s’adapter ! » confie Grégory.


La profession de psychomotricien est un métier de passion et d’équilibre


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