Psychomotricien : les champs d’application de la profession

Conformément à cet article, le psychomotricien peut intervenir à trois niveaux :

Innovante, inventive et créative, la profession de Psychomotricien est structurée et très encadrée. Comme toute profession paramédicale, son activité est réglementée par le Ministère de la Santé et son champ de compétences est défini légalement par l’article R 4332-1 du code la santé publique.

1.Le bilan psychomoteur :

Le bilan psychomoteur est le premier acte du psychomotricien. Il permet d’évaluer les difficultés et les capacités du patient et de poser des hypothèses sur l’origine des troubles. Cet examen se divise en trois phases :

  • L’entretien permettant de retracer l’histoire et les difficultés de la personne (parcours médical, contexte familial, etc.),
  • L’évaluation de l’état du fonctionnement psychomoteur à travers des tests et des observations cliniques,
  • Le diagnostic psychomoteur qui mènera, si besoin, à un projet thérapeutique adapté.

Lors de l’évaluation, le psychomotricien observe tous les aspects du développement psychomoteur du patient : tonus, coordinations (marche, course, saut, etc.), équilibre, motricité fine, latéralité (gauche ou droite), praxies, schéma corporel, orientation dans le temps et dans l’espace.

2. L’éducation précoce et stimulation psychomotrice :

Le psychomotricien, notamment au sein d’Etablissements d’Accueil du Jeune Enfant, apporte un soutien à son développement psychomoteur. Au travers d’activités d’éveil mobilisant simultanément les compétences motrices, sensorielles et cognitives, dans un contexte d’interactions avec ses pairs, il va permettre à l’enfant, même sans trouble, pathologie ou handicap, de mieux percevoir son corps, de développer sa confiance en soi et ses habiletés psychosociales. Il va en quelque sorte donner un coup de pouce à son développement ! Ces activités sont très importantes car elles contribuent au repérage précoce d’éventuelles difficultés ou retards.

3. Le soin psychomoteur :

En présence d’un ou plusieurs troubles isolés ou associés à une pathologie précise, on parle de soin psychomoteur. Le psychomotricien, à partir des conclusions du bilan psychomoteur, propose une palette d’interventions abordant spécifiquement les fonctions psychomotrices déficitaires afin de favoriser une meilleure adaptation de la personne à son environnement. Il agit également sur l’équilibre psycho-corporel par des techniques et des médiations thérapeutiques visant à solliciter le corps par l’action : danse, art dramatique, relaxation, jeux de rôles ou encore exercices d’équilibre et de coordination.

Une profession utile à tous les âges de la vie !

Initialement centré sur les  pathologies de l’enfant, le psychomotricien intervient désormais à tous les âges de la vie, des bébés prématurés aux personnes âgées.

  • L’enfant de 0 à 3 ans : le psychomotricien accompagne l’enfant dans son développement en cas de prématurité, de handicap suspecté ou avéré, de retards psychomoteurs ou de troubles des interactions précoces. Il porte une attention particulière au tonus de l’enfant, à son éveil et son développement sensoriel, cognitif, moteur, et psycho-affectif, à son comportement dans l’interaction avec les autres et son environnement. Le psychomotricien intervient également auprès des parents qu’il guide et accompagne.
  • L’enfant d’âge scolaire : le psychomotricien soigne un large éventail de troubles qui peuvent fragiliser la confiance en soi de l’enfant, entraver son parcours scolaire et perturber ses relations avec sa famille et/ou plus largement avec les autres enfants. La prise en soin doit se faire le plus tôt possible, avant que ces troubles ne s’installent car, non pris en charge, ils peuvent rendre difficile, voire impossible, l’insertion sociale de l’enfant et à terme de l’adulte qu’il sera. La prise en soin inclut les parents et tient compte de l’environnement.
  • L’adolescent et le jeune adulte : l’adolescence est une période de changements qu’ils soient d’ordre anatomique, physiologique, psychologique, affectif ou social. Elle impose des modifications corporelles avec lesquelles l’adolescent doit apprendre à vivre, à agir, à communiquer, à bouger. L’image de soi va devoir être actualisée pour intégrer tous ces changements. Le psychomotricien accompagne l’adolescent pendant cette période et peut soigner les divers troubles possibles à cet âge : conduites addictives, troubles des conduites alimentaires, troubles des apprentissages, anxiété, impulsivité, repli sur soi, etc.
  • L’adulte : le psychomotricien intervient pour soigner des troubles pouvant affecter les relations professionnelles, personnelles ou intimes, ces troubles pouvant relever de la santé mentale, des conséquences d’un accident de vie, de l’évolution ou de l’apparition d’une maladie chronique. Il peut également intervenir pour aider la personne à simplement se recentrer et retrouver son équilibre psychocorporel.
  • La personne âgée : le psychomotricien intervient auprès des personnes âgées, que ce soit dans la perspective du bien vieillir, pour prévenir certains risques liés au vieillissement, tels que la chute, ou pour faire face à l’apparition de pathologies chroniques, physiques et/ou psychiques. Dans ce dernier cas, il s’appuie sur leurs potentialités corporelles non atteintes (c’est-à-dire ce qui fonctionne), et intervient pour maintenir l’autonomie de la personne ou pour en ralentir la perte. Son intervention contribue au maintien à domicile de nombreuses personnes âgées.

L’importance des interventions du psychomotricien est aujourd’hui largement reconnue par les pouvoirs publics. En effet, les Plans Alzheimer et maladies neuro-dégénératives identifient la profession comme un acteur essentiel dans la prise en soin des patients atteints de la maladie d’Alzheimer et autres maladies apparentées. Parallèlement, elle est régulièrement citée dans des recommandations de la Haute Autorité de Santé, notamment pour la mise en œuvre des thérapeutiques non médicamenteuses ou le déploiement de parcours de soins coordonnés. Encore récemment, la Stratégie Nationale Autisme au sein des troubles du neuro-développement a consacré la profession comme un acteur majeur du dépistage et des soins précoces à apporter aux enfants concernés par ce type de troubles.

Le psychomotricien est également aux premières loges pour répondre aux maladies chroniques dites « Maladies de civilisation » dont le retentissement sur la vie quotidienne d’une personne et de son entourage est considérable. Son intervention ne cesse d’évoluer et de s’élargir.

En conclusion

La profession de psychomotricien est unique en son genre. En développant, en maintenant ou en restaurant le lien permanent entre le psychologique, le neurologique et le somatique, elle est la mieux armée pour répondre aux enjeux de santé de notre société et occupe désormais une place à part entière dans tous les grands plans de santé publique. Elle promet à tous ceux qui s’y intéressent des carrières professionnelles riches de sens, d’opportunités et de rencontres !

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